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8 novembre, 2010

Interview de Bernard Thibault pour l’Humanité « Les salariés ne veulent pas en rester là »

Classé dans : Actualité — cgtcaterpillar @ 20:00

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samedi 6 novembre 2010, par Frédéric Dayan

Le secrétaire général de la CGT répond aux questions de Paule Masson dans l’édition de samedi 6 novembre.

Certains syndicats considèrent que la journée de manifestation d’aujourd’hui est décisive pour la poursuite du mouvement. Est-ce votre sentiment ?

Bernard Thibault. Ce n’est pas la question. Même si la plupart des médias ont tiré le rideau, le mouvement est profondément installé dans le pays. Il y a donc besoin de moments où on se retrouve tous ensemble. La journée de manifestation d’aujourd’hui représente donc un nouveau temps fort. Il y en aura d’autres. Nous l’avons toujours dit : la CGT ira jusqu’au bout.

Depuis début septembre, le mouvement compte sept manifestations, qui ont chaque fois rassemblé entre deux et trois millions de salariés. Le mécontentement n’est-il pas plus large que la seule question des retraites ?

Bernard Thibault. Le mouvement part des retraites. Mais peut-on aborder cette question sans parler d’emploi, de conditions de travail, de déroulements de carrières où de salaires, de pénibilité du travail, du sort réservé aux seniors ou aux jeunes. En quelque mois, le travail syndical est considérable. Alors que le gouvernement a présenté une réforme comptable, nous sommes parvenus à imposer un débat de société sur la place du travail, les conséquences de la crise économique, sur la nécessité d’un nouveau partage des richesses. Les salariés se rendent bien compte qu’on leur demande des efforts financiers en matière de retraite alors que les banques, qui ont été soutenues par l’Etat, sont en train de réafficher des résultats considérables. C’est ce qui explique l’ampleur du mouvement, son assise inégalée en France et au plan international.

Les observateurs internationaux s’intéressent effectivement à ce qui se passe en France…

Bernard Thibault. Tous les syndicats du monde sont confrontés à la même crise économique. Il y a des mouvements sociaux dans d’autres pays, en Grèce, en Espagne, au Portugal, en Allemagne aussi, mais je constate, une fois de plus, que la résonance de ce qui se passe en France est plus importante qu’ailleurs. La CGT répondra présente pour la journée européenne d’action contre les plans d’austérité le 15 décembre.

La réforme reste impopulaire, mais la loi est votée. Et pour certains, l’effet est quand même démobilisateur. Il faut encore convaincre sur cette question ?

Bernard Thibault. Par principe, une loi dit le droit à un instant T. Toutes sont révisables en permanence. Le gouvernement en donne la preuve lui même puisqu’il a révisé par cinq fois les lois sur la sécurité. Le mouvement social entre dans une nouvelle séquence, qui ne peut pas être celle du renoncement. Certains poussent à des alternatives qui consistent soit, à se donner rendez-vous aux élections présidentielles, soit à prendre pour argent comptant le rendez vous de 2013 fixé par le gouvernement pour remettre à plat le système de retraite. Le problème, c’est que le caractère injuste de la loi va s’appliquer rapidement. Je ne vois donc pas pourquoi il faudrait renoncer à tout faire pour empêcher son application. D’ailleurs, beaucoup de salariés considèrent que ce n’est pas possible d’en rester là. Pour continuer, un grand nombre choisit de se syndiquer. Depuis le 1er septembre, la CGT a enregistré près de 8.500 adhésions, dont 2000 les 15 derniers jours. Je peux vous dire qu’il va y avoir encore des centaines de milliers de personnes dans les rues aujourd’hui.

Nicolas Sarkozy considère que sa légitimité politique issue de l’élection présidentielle l’autorise à tenir bon contre le mouvement social. Cela vous inquiète-t-il pour l’avenir de la démocratie sociale ?

Bernard Thibault. La colère face au passage en force du gouvernement s’exprime fortement dans le mouvement social. Elle explique pour une large part pourquoi 70% des Français soutiennent le mouvement. La représentation politique ne peut pas assurer une réelle démocratie si elle impose des choix de société en ne tolérant pas que d’autres acteurs s’expriment, dont les acteurs syndicaux. Je me souviens encore des polémiques de 2003 où parmi les syndicats, certains portaient l’idée qu’on ne pouvait pas agir pendant que le parlement légiférait. Il y a aujourd’hui unanimité syndicale, non pas pour remettre en cause la légitimité institutionnelle des représentant du peuple, mais pour considérer qu’ils ne peuvent pas légiférer en ignorant ce que dit justement le peuple.

Cette légitimité du mouvement social s’exprime fortement dans les manifestations, avec l’idée que Sarkozy va la payer cher. Vous le pensez aussi ?

Bernard Thibault. Cela serait bien normal et c’est même souhaitable. Toucher aux retraites, c’est s’attaquer à un des piliers fondamentaux du contrat social. On ne peut pas prétendre chambouler un des piliers de la protection sociale en ricanant à la face des représentants des salariés.

L’intersyndicale se montre très solide depuis le début du mouvement. L’unité va-t-elle tenir encore ?

Bernard Thibault. Il faut d’abord prendre acte de la confirmation d’une conviction très ancienne de la CGT : on peut bousculer beaucoup de choses si les conditions de l’unité syndicale sont réunies. Et cette fois ci encore, l’unité syndicale est un des éléments moteurs de la formidable mobilisation que nous connaissons. Il est vrai qu’on arrive à un moment où peuvent apparaître entre les syndicats des divergences sur l’opportunité des possibilités de continuer l’action pour obtenir d’autres réponses sur l’avenir des retraites. C’est apparu lors de l’intersyndicale jeudi soir. A l’initiative de la CGT, le principe d’une nouvelle journée d’action a été retenu. La date doit être fixée lundi et se situera entre le 22 et le 26 novembre. S’il s’avérait impossible de continuer la bataille sur les retraites avec un engagement unanime de tous les syndicats, la CGT continuerait le combat avec ceux qui veulent le continuer. Pour nous, l’échéance principale est celle du 1er juillet 2011 à partir de laquelle les mesures que nous contestons entreront en application. D’ici là, nous avons largement la possibilité de créer le rapport de forces nécessaire pour obtenir l’ouverture de négociations.

Retraites : les syndicats tentent de maintenir l’unité

Classé dans : Actualité — cgtcaterpillar @ 19:03

Retraites : les syndicats tentent de maintenir l'unité dans Actualité lemondefr_pet

LEMONDE.FR | 08.11.10 | 17h31  •  Mis à jour le 08.11.10 | 17h45 

Le leader de la CFDT, François Chérèque (g), et celui de la CGT, Bernard Thibault, dans la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, le 6 novembre.

Le leader de la CFDT, François Chérèque (g), et celui de la CGT, Bernard Thibault, dans la manifestation parisienne contre la réforme des retraites, le 6 novembre.AFP/MIGUEL MEDINA

L‘intersyndicale se réunit, lundi 8 novembre, pour établir une stratégie commune pour la suite du mouvement contre la réforme des retraites, après une huitième journée de mobilisation marquée par un affaiblissement de la mobilisation.

Un compromis devra être trouvé entre deux lignes : la CGT, FSU et Solidaires entendent prolonger le mouvement de contestation, alors que la CFDT, la CFE-CGC et l’UNSA jugent qu’il est délicat de s’opposer à une loi votée et préférable de ne pas affecter le soutien populaire qu’a reçu la mobilisation. La CFTC exclut de s’associer à un nouveau mouvement de grève. Si la réunion de l’intersyndicale promet d’être « sportive », selon les mots d’un dirigeant syndical, toutes les confédérations, à l’exception de Force ouvrière, se disent à la recherche du bon compromis pour ne pas briser l’unité qui prévaut depuis le printemps.

La CGT estime qu’il faut battre le fer tant que la loi n’entre pas en application, en juillet 2011. « On ne peut laisser choir un mouvement porté par les salariés », affirme Didier Le Reste, secrétaire de la fédération des cheminots CGT.  Selon le syndicaliste, « l’appel à une nouvelle journée interprofessionnelle de grève pour le 23 novembre est trop lointain (…). Il faut préparer une étape intermédiaire, par exemple le mardi 16 novembre, qui marquera la solidarité des travailleurs avec les grévistes ainsi que ceux qui maintiennent le mouvement de contestation au sein de leur entreprise. Les modes de manifestation peuvent être multiples. Mais il faut viser les sièges du pouvoir : les sièges du Medef ainsi que les symboles de l’exécutif en place que sont les préfectures », avertit Didier Le Reste.

Une position qui n’est pas partagée par l’ensemble des partenaires de l’intersyndicale. Après une mobilisation inégalée depuis des années, même si les syndicats n’ont pas obtenu gain de cause sur le fond de la réforme, « on ne doit pas faire au gouvernement le cadeau de se désunir« , prévient Alain Olive, secrétaire général de l’UNSA. « L’enjeu, c’est de montrer que sur un des éléments essentiels du pacte social français, les organisations syndicales sont capables de se retrouver : cela vaut pour les retraites et pour l’avenir« , ajoute-t-il.

FO VEUT TOUJOURS FAIRE CAVALIER SEUL

Cette volonté de faire durer le front commun coûte que coûte pourrait déboucher sur une feuille de route très souple. Le compromis serait, pour l’intersyndicale, de renvoyer à des actions locales telles que des rassemblements, meetings, conférences de presse ou manifestations décentralisées. « Multiplier les formes d’action différentes, c’est ce qui a fait la force du mouvement », rappelle Bernadette Groison, qui dirige la FSU. « Mais il faut éviter les actions minoritaires et bloquantes, comme le blocus d’un aéroport, car nous risquons de perdre une partie du soutien populaire », estime Jean Grosset, secrétaire général adjoint de l’UNSA. La CFTC se veut légaliste : « Le texte est mauvais mais il a maintenant une légitimité parlementaire », explique un porte-parole. « Nous ne nous associerons pas à une nouvelle journée de grève où de manisfestation nationale.  L’intersyndicale doit s’accorder sur des modes d’actions alternatifs », estime-t-il.

Les critiques de Force ouvrière, qui parle ouvertement de « gâchis » dans la gestion du conflit, viennent alourdir l’ambiance. Formellement, le syndicat de Jean-Claude Mailly ne fait pas partie de l’intersyndicale et prône une journée de grève générale depuis le printemps. Mais, incapable de mobiliser seule, FO s’est jointe à toutes les journées d’action de ces six derniers mois. Cette fois, la confédération pourrait se dissocier du front syndical. Une fissure que devraient s’appliquer à colmater les responsables syndicaux.

« Il est important de conserver le mouvement social de cet automne intact et de ne pas faire de démonstration de faiblesse », insiste Jean Grosset. « L’intersyndicale doit rester unie. Il y aura de nouveaux débats en 2012 et 2013 sur la question des retraites et dès maintenant, nous devons nous battre sur d’autres dossiers. Ils ne manquent pas : l’emploi des jeunes, le plan d’austérité au sein de la fonction publique, les conditions de travail, la pénibilité. » Une manière de maintenir le bras de fer avec le gouvernement sans se focaliser sur la question des retraites.

 

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